Entre ombres et lumières

Entre ombres et lumières, fugace.
Si le ciel et les corps sont désormais absents, le hors champ est pleinement.
La question des origines – géographies maquillées – biographiques véritables.

« désenchantées » / ré-enchanter
« nulle part » / de tout
« dénuées » / nourris
« présence »(s) « humaine »(s)
« sans doute » / douter
« forme »(s) « de constat »(s)
« capitulation » / recapitaliser
« face »-à-face
« qui nous entoure » / et dont nous participons
« au temps qui passe » / qui est, fut, sera
se déployer pour se re-concentrer

« Cet obscur objet du désir ». Trouver voies au travail de chacun. Une inquiétante étrangeté qui nous veut du bien ; qui veut bien.

L’envie, au-delà du travail d’atelier, de se confronter au lieu passera par l’étape maquette. Une salle de 17 mètres de longueur – les trois grands formats, cinématographiques, créeront-ils la cinétique ? Scintillements océans, petites et grandes eaux – et toilés ? Le fusain, des réalités les plus tactiles quand le papier mouillé peut déchirer. Prises de risques d’un accrochage dans le plein, horizontal, techniques recherchées. Par une lente respiration sublimer l’existant, comme l’été arriverait. Avoir le temps, enfin, de s’ouvrir à l’extérieur terrestre dans sa plénitude. Il y eut de ténébreux nuages – dans ce qu’ils ont de vie, de lumineux – et des cages d’escaliers.

Pour mieux aller de l’avant, la vague repart parfois en arrière. La cassure peut être aussi infime que réelle. Elle ploie, se déploie. Il dessine infini noircit la page blanche. Il est des ombres que peut capter la lumière, les apprivoiser, pour les réintégrer. Grégory Markovic procède par recouvrements puis « découverts ». Et le trait qui insiste pour fixer la poussière lunaire. Quelque chose d’obsessionnel, qui pourrait se dérober. Un écran entre le céleste et nous. Ride-eau, mémoire de peaux, de peu, de trop. Entre la possibilité d’une vision qui fut et celle qui adviendra quand l’été sera là ; résider au-delà ? Zoom et Narcisse ; est-ce des reflets ?

« Mais la mer n’est pas une fenêtre, ou alors c’est une fenêtre que le soleil brise à chaque seconde et que la nuit referme sans y penser » (Claro et Michel Denancé, Mille milliards de milieux)

Dans les formats ici choisis, « la ligne d’horizon revient ». Suspendre les dessins pour les inscrire dans la largeur et faire surgir un espace. Un format horizontal ne tombe pas. Oublier les dispositifs d’accrochages pour que la vision soit. Mais en amont, obsession, tant que la solution ne surgit pas. Le lieu s’impose.

De si grandes nécessités luminaires qui n’ignoraient pas leurs ombres. Et celle de gommer. De s’y atteler. Quelle que soit l’heure de la nuit ou de la journée. Certaines sources se tairont pour ne pas sombrer dans l’oubli. Rendre possible l’horizontal à la verticalité du regardeur. Il est des écoulements qui ne proviennent pas que des flux contemporains. Le cratère pour un atterrissage solaire. Il a osé soudain s’exposer, Icare dont les ailes ne fondront pas, parce qu’arrimées dans ce projet.

Blandine Devers